Spina bifida et rôle de l’acide folique pendant la grossesse
- Par Myriam Gorzkowski, mis à jour le 22/01/2026 à 16h01, publié le 22/01/2026 à 16h01
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Le spina bifida est une malformation congénitale grave du tube neural, qui survient très tôt au cours du développement embryonnaire. Il constitue un enjeu majeur de santé publique, en particulier parce qu’une prévention efficace est possible grâce à un apport adéquat en acide folique avant et au début de la grossesse. Comprendre le lien entre spina bifida et acide folique est essentiel pour améliorer la prévention et réduire l’incidence de cette pathologie.
Qu’est-ce que le spina bifida ?
Le spina bifida est une anomalie de fermeture du tube neural, structure embryonnaire à l’origine du cerveau et de la moelle épinière. Cette fermeture se produit normalement entre le 21ᵉ et le 28ᵉ jour après la conception. Lorsque ce processus est incomplet, une partie de la moelle épinière et des méninges peut rester exposée.
Il existe plusieurs formes de spina bifida. La forme occulte est la plus bénigne et parfois asymptomatique. À l’inverse, les formes ouvertes, comme le myéloméningocèle, sont associées à des handicaps sévères : paralysies des membres inférieurs, troubles sphinctériens, hydrocéphalie et complications orthopédiques. Le pronostic dépend de la sévérité et de la localisation de la lésion.
Rôle biologique de l’acide folique
L’acide folique, ou vitamine B9, est indispensable à la synthèse de l’ADN, à la division cellulaire et à la méthylation. Ces mécanismes sont particulièrement critiques lors de l’embryogenèse, période caractérisée par une multiplication cellulaire intense et une différenciation rapide des tissus.
Une carence en acide folique perturbe ces processus et augmente le risque d’anomalies de fermeture du tube neural, dont le spina bifida et l’anencéphalie. Ce lien est solidement établi par de nombreuses études épidémiologiques et essais cliniques.
Acide folique et prévention du spina bifida
La supplémentation en acide folique avant la conception et durant le premier trimestre de grossesse permet de réduire significativement le risque de spina bifida. Les données scientifiques montrent une diminution du risque pouvant atteindre 50 à 70 % lorsque l’apport est adéquat.
Les autorités sanitaires recommandent une supplémentation systématique chez toutes les femmes en âge de procréer ayant un projet de grossesse. En pratique, la dose recommandée est de 0,4 mg par jour, débutée idéalement au moins un mois avant la conception et poursuivie jusqu’à la fin du premier trimestre.
Des doses plus élevées d'acide folique peuvent être nécessaires chez certaines femmes à risque, notamment en cas d’antécédent de spina bifida, de diabète, d’obésité ou de prise de médicaments interférant avec le métabolisme des folates.
Enjeux de santé publique et information des femmes
Malgré des recommandations claires, une proportion importante de grossesses débute sans supplémentation préalable en acide folique. Or, la fermeture du tube neural survient avant même que la grossesse ne soit souvent connue. Cela souligne l’importance de l’information, de l’éducation sanitaire et du rôle des professionnels de santé, en particulier des pharmaciens et des médecins.
En conclusion, le spina bifida est une pathologie grave mais largement évitable. L’acide folique constitue un outil de prévention simple, sûr et scientifiquement validé. Son usage approprié avant et en début de grossesse représente un levier essentiel pour réduire l’incidence des anomalies du tube neural et améliorer la santé maternelle et infantile. La plupart des compléments alimentaires pour femme enceinte contiennent de l'acide folique ainsi que certains compléments pour la fertilité.
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